Forum de jeu de rôle sur l'Europe post-potterienne.
 
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     Retour aux sources [Milie]

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    William Stark
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    MessageSujet: Retour aux sources [Milie]   Jeu 18 Juin - 16:47

    [HJ : William étant sous polynectar, je vous mets là sa nouvelle tête pour la durée du topic]


    Le soir tombait juste tandis que le dénommé John Smith transplanait dans les environ du village écossais de Pré-au-Lard. La silhouette sombre du château se dessinait en clair-obscur au fin fond de l’horizon. D’étranges nuages noirs sillonnaient un ciel plus gris que bleu, plus rosâtre que rouge. C’était l’Ecosse, ses pierres et son mauvais temps. L’air même était différent ici. Plus pur, rassurant, familier.

    L’homme jusqu’alors immobile sourit et rajusta sa robe noire, symbole de son impureté. Il passa une main dans ses cheveux, s’étonnant de les trouver longs et jeta un coup d’œil distrait dans un miroir sale qui décorait une vitrine. Un autre homme lui rendit son regard. Un rien plus grand que lui, un peu plus fin également, aux yeux plus foncés et à la chevelure plus claire. Il se sourit, retrouvant tout de même un peu de son expression habituelle sur ce visage étranger et but une gorgée d’un breuvage fort contenu dans une flasque de métal. L’âpreté du mélange le fit grimacer une seconde avant qu’il ne retrouve son sourire. Il allait faire une grosse bêtise mais ce n’était pas grave, au contraire même. Un peu de folie lui faisait du bien. Et puis n’était-il pas invisible ici ? Plus discret encore qu’un fantôme puisque personne ne pouvait deviner qui se cachait derrière cet allemand.

    La lumière disparut soudain, comme si un dieu quelconque venait de souffler toutes les étoiles. Une goutte, lourde et mouillée lui tomba sur la nuque. Suivie par d’autres, d’abord hésitantes puis déterminée, frappant le pavé comme autant de balles. Le tonnerre gronda sa désapprobation… et le sourire de l’homme s’accentua.

    Cadfael était trempé et méconnaissable quand il poussa la porte de sa petite boutique. Le carillon léger le ramena longtemps en arrière, quand il prenait le thé avec les Poudlardiens, discutant avec eux de tout, de rien et d’avenir. Il n’y avait probablement plus d’enfants ici en dehors du week-end. Le temps n’était plus à l’école buissonnière. Les enfants recevaient à présent une vraie éducation, épicée d’une vraie discipline. Et ce n’était pas plus mal, au contraire. Il était temps que les choses changent vraiment.


    « Bonsoir ! »

    Le mangemort sourit à nouveau à la pièce et posa sa cape sur le portemanteau avant de se sécher d’un coup de baguette. Il mit alors les mains dans les poches et arpenta pensivement les allées, respirant l’odeur des livres, s’arrêtant de temps à autres pour en feuilleter un plus beau que les autres, caresser de la paume le vélin jaunit, inspecter la typographie, la forme des lettres, la profondeur de l’encre et la douceur du cuir.

    Les livres qu’il oubliait de reposer s’accumulaient doucement dans le creux de son bras droit tandis qu’il allait d’un pas assuré d’un rayon à l’autre, trouvant tout ce qu’il voulait sans même avoir à chercher. Celui qui gérait l’Ile avait visiblement reprit sa méthode de classement. Il l’avait également respectée, lui laissant son atmosphère habituelle. Certes, ce n’était plus son havre à lui et il sentait bien de petites différences dans cet univers familier mais c’était minime. Il sortit Oriawr de sa poche, pensif et examina les aiguilles autrefois enchantées vers cette boutique.


    « Merlin que le temps passe vite n’est-ce pas ma vieille ? »

    Il posa les livres en pile sur une étagère, pensif et se frotta la nuque, oubliant qu’il n’était pas seul et que ce murmure, s’il avait été entendu, pouvait lui coûter cher. Enfin. Quel Gryffondor digne de ce nom recule devant des « si » et des « peut-être » hein ?

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    MessageSujet: Re: Retour aux sources [Milie]   Ven 19 Juin - 2:26

    [True Blood *__* Ahem]

    Diling...

    Emily leva les yeux de son bouquin en entendant le son lointain de la petite clochette et haussa les épaules, s'installant un peu mieux sur la banquette, avant de jeter un oeil par la fenêtre ronde qui ouvrait son bureau sur Pré-au-Lard. Il pleuvait. Depuis longtemps, si l'on en croyait l'eau qui ruisselait entre les pavés, mais la jeune femme, absorbée par son livre, ne s'en était pas rendue compte. La pluie n'était pas importante. C'était l'Ecosse, elle y était habituée. Soupirant d'aise, elle se replongea dans son bouquin, troisième volume d'une série d'ouvrages sur les potions qui la fascinait. Si la personne qui venait d'entrer avait besoin de quelque chose, elle trouverait bien un moyen de se faire entendre. La semaine, il n'y avait presque que des habitués, et tous savaient comment faire venir la petite libraire. Au pire, ils enverraient Sir. Le gros chat était coutumier de ce genre de missions, et il savait mieux que quiconque sortir sa maîtresse d'un livre. Si jamais c'était l'homme qui effrayait Kilian, il repasserait.

    Inutile donc de s'en faire. De toute façon, il était toujours bon de laisser aux clients le temps de profiter de l'atmosphère particulière de l'île qui, depuis un bon mois, s'était métamorphosé en une forêt des plus tropicale, à ceci près qu'il n'y avait pas la moindre humidité pour ne pas abimer les précieux livres. Le client jouerait avec la petite plante insectivore qui gardait la photo de Cadfael, premier propriétaire de l'île, et se faisait une joie de pincer les doigts un peu trop curieux. La blonde sourit à cette idée et marqua la page de son livre, finalement pas si concentrée que ça. Kilian restait dormir dans les branches de l'Arbre depuis quelques jours, et avec la flotte qui n'en finissait pas de tomber, la compagnie manquait un peu. Elle descendit donc les quelques marches menant à la librairie, saisissant Sir, grosse boule de poils somnolant en plein passage.

    « Alors garçon, c'est comme ça qu'on garde la boutique, hein ? »


    Elle flatta la tête de l'animal et le posa sur le comptoir, cherchant le mystérieux client des yeux. Aucun signe de vie, rien, pas un bruit. Se tournant vers Sir, elle soupira

    « J'ai rêvé tu crois ? »

    Le matou la fixa un moment de ses grands yeux jaunes, s'étira et sauta avec toute la grâce que sa masse lui permettait pour partir à la recherche de l'homme ou la femme mystère. Bientôt, un « Meoooow » mécontent signala à Emily qu'il avait trouvé sa cible et la jeune femme le rejoignit, amusée de l'humeur de son compagnon.

    « Je crois bien que Sir ne vous aime pas. »

    La jeune Galloise sourit et détailla l'homme un instant. De profil, il ne lui disait rien et lui rappelait beaucoup de monde en même temps. Un physique assez ordinaire, mais plutôt bel homme, des cheveux un poil plus foncés que les siens et les traits fins. Ça n'était pas l'homme dont Kilian avait peur, c'était certain. Désignant la pile de bouquins posées sur une étagère devant l'homme, elle souffla.

    « C'est les vôtres où je les range ? Les gens le font d'eux même en général, les habitués du moins, mais il arrive qu'ils laissent tout en plan. Enfin, il suffit d'un coup de baguette quand les suivants ne s'en occupent pas. L'île n'a presque pas changé depuis sa création, alors les gens commencent à s'y retrouver. »

    Elle sourit, un peu amusée par le flot de paroles qu'elle déversait sur l'homme et rajouta simplement

    « Je suis Emily, si vous avez besoin de quelque chose, demandez moi. Il y a tout ici, ou presque. »
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    MessageSujet: Re: Retour aux sources [Milie]   Ven 26 Juin - 18:09

    Des plantes, des fleurs, du vert et du coloré. Des perroquets et une sensation étouffante, sans humidité toutefois, ce qui n'était pas plus mal pour les livres. L'île était luxuriante et Cad' se surprit à espérer que cet étalage de verdure et de vie reflète bien l'état de la boutique. Il avait vécu là les meilleures années de sa - déjà - longue vie et savait que tant que l'île était là, son premier capitaine pourrait braver les tempêtes.

    Toujours aucun signe de matelot ou de mousse déluré. L'île semblait déserte (si on exceptait les trucs verts qui, n'étant pas doués de conscience, n'intéressaient que très peu le mangemort). Et pourtant, la patte sorcière était partout. Dans le non rangement, la lumière, la qualité de l'air et la propreté des lieux malgré la pluie. Le ou la propriétaire allait certainement se montrer. Ou il repartirait sans payer, foi de Gryffy.

    Une plante étrange et multicolore sur une petite table attira son attention. Elle semblait garder un cadre dans lequel trônait une photo… de lui. Curieux, il s'agenouilla et examina le cliché de plus près. Cela datait de quelques temps déjà. Fin 1996, début 97, en hiver. Il était visiblement heureux et ce malgré un sourire qui ne prenait pas totalement la totalité de son visage. Cela se voyait dans ses yeux verts. Maintenant ils étaient toujours gris. Enfin en général. Aujourd'hui, grâce au polynectar, ils étaient bleus. Enfin. Il y eut un mouvement sur sa gauche et il lui sembla que la plante avait bougé. Une illusion bien entendu. Les plantes ne bougeaient pas d'elle-même. Sauf les plantes carnivores mais celle-là n'en était probablement pas une.

    Un miaulement vint confirmer l'impression de présence que le mangemort venait de ressentir. Ce chat lui disait quelque chose mais il ne voyait vraiment pas quoi. Peut-être l'avait-il connu à l'époque ? Cela voulait dire que l'île était allée à l'un de ses fans. Un fan avec un chat… Alenn ? Non, le Gamin n'aimait pas assez les livres.


    « Je crois bien que Sir ne vous aime pas. »

    Sir, c'était le chat de Milady. Aussitôt, une foule de souvenir envahit l'esprit du garçon dont la physionomie d'emprunt se teinta de nostalgie puis d'un sourire amusé. Il se frotta la nuque.

    "Les chats ne m'aiment pas en général, je suis plutôt du genre "chien" "

    Réflexion faite (un peu tard par contre), c'était une mauvaise idée que d'être venu ici. Comment pensait-il faire semblant de ne pas connaître la jeune fille sans mentir ? Comment se "présenter" de la même façon ? Car même s'il donnait le nom qu'il s'était choisit (qui était un de ses prénoms adossé au nom de sa mère), son parcourt restait le même, trop chaotique pour ne pas être rapidement reconnaissable. Heureusement pour lui, Milie restait la Poufsouffle blonde qu'il avait connue et ne lui laissa pas le temps d'en placer une.

    "Ce sont les vôtres mais je vais vous les prendre. Je me demandais également si vous n'aviez pas Des poissons et des sorciers de Keleta Geyre en édition reliée s'il vous plait. Celle de 1923 serait parfaite mais une ultérieure pourrait convenir au besoin, je ne suis pas maniaque à ce point."

    Il en avait deux exemplaires à l'époque, ouvrages que son départ précipité ne lui avait pas permis de prendre avec lui et dont les illustrations (bien plus que le texte pour une fois) étaient proprement magnifique. Ce livre était une œuvre d'art qu'un bon bibliophile ne pouvait pas ne pas connaître (a défaut de posséder l'une des très rares éditions collector comme celle qu'il venait de demander). C'était donc la commande d'un client mais également une sorte de test, voir si Milady s'y connaissait assez pour qu'il lui confie son île.

    "Cela fait longtemps que vous travaillez ici, Emily ?"

    Ou comment savoir si l'Île avait subie plusieurs conquêtes avant de se stabiliser sous la gouverne galloise.

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    MessageSujet: Re: Retour aux sources [Milie]   Ven 26 Juin - 23:53

    Plutôt chien ? Emily sourit. Quelle drôle d'idée. Chat, chien, Sir était les deux, indépendant, fier et pantouflard comme un matou, et plus fidèle qu'un canidé. Le compagnon idéal en somme. Elle ramassa l'animal et lui flatta distraitement la tête, sans lâcher l'inconnu des yeux.

    « Sir a ses humeurs, voilà tout. »

    Elle leva les yeux au ciel, comme une mère commentant les frasques de son petit dernier, laissant l'homme reprendre la parole, le fixant en plissant les yeux. Il lui rappelait quelqu'un. Elle était certaine de ne pas le connaître, pourtant. Elle n'était pas des plus physionomistes, mais cet homme là lui était totalement inconnu. Pourtant, ses intonations, la façon dont ses phrases s'imbriquaient, tout lui rappelait quelque chose. C'était familier, agréable, rassurant, en quelque sorte.

    « Des poissons et des sorciers, vous m'avez dit ? »

    Question purement rhétorique. Ce qu'il avait demandé, elle le savait pertinemment. C'était assez rare qu'un client demande ce livre, sans note, et cette édition là en particulier. La meilleure, pourtant. Une histoire ordinaire, mais un travail de reliure et d'illustration sublime. Du grand art. Rien à voir avec les exemplaires les plus récents, bêtement brochés à la va-vite. Ce genre de demande, donc, c'était assez rare pour qu'on n'ait pas besoin de la lui faire deux fois. Et la jeune femme ronronna intérieurement, à l'image du matou qui, désabusé, reposait mollement dans ses bras.


    « Je vous ai dit que j'avais tout, non ? Ce livre là y compris. »

    Elle hésita un moment et un immense sourire vint étirer ses lèvres.

    « Vous êtes un collectionneur ? Parce que ça n'est pas n'importe quoi comme livre. Pourtant, les gens ne connaissent pas vraiment. Pas bien en tout cas. C'était probablement trop tôt pour traiter ce genre de sujet. Je vous l'apporte, tenez moi Sir. »

    Sans se poser la moindre question, sans même attendre son accord, elle lui colla la bestiole dans les bras, faisant confiance à l'animal pour qu'il s'accroche si jamais le client n'avait pas d'assez bons réflexes. Peu importait que le chaton l'aime ou pas, que l'homme soit plus habitués aux chiens. Elle ne pouvait pas garder Sir dans ses bras pendant qu'elle cherchait, et il serait bien dans les bras de l'autre en attendant qu'elle le récupère, point.

    Emily tourna les talons, ses boucles blondes bondissant autour de son visage réjoui et elle se faufila entre les étagères, traversant les rangées à pas rapides. Le classement pouvait paraître nébuleux, mais quand on y était habitué, l'organisation était en fait évidente, et il suffirait à la jeune libraire de passer devant le bouquin pour savoir qu'il était là. En attendant, elle reprit la parole, pas franchement gênée par l'absence de contact visuel.


    « D'ailleurs concernant ce livre, mais vous le savez peut être, il y a un exemplaire moldu qui est sorti une quinzaine d'années plus tard. Il est interdit dans notre monde aujourd'hui, mais il a eu plus de succès que l'original. »

    Elle trouva enfin l'ouvrage, marquant sa découverte d'un « Ah, voilà ! » victorieux et revint vers l'homme pour récupérer son chat et poursuivre.

    « Seulement ce sont des souris, et non des hommes. Et donc, il s'est bien mieux vendu, je pense qu'avec les poissons, ça fonctionnait moins, et les sorciers sont plus... plus orientés sorcellerie simple. Ce genre de romans - surtout quand on voit la qualité de l'exemplaire que vous cherchez - les intéresse moins. C'est dommage. Vous voulez l'acheter ou le consulter sur place ? »

    Elle lui tendit le bouquin et embrassa un Sir blasé d'être trimballé sur le sommet du crâne, le regard toujours fixé sur l'homme qui l'interrogeait sur son ancienneté ici.


    « Oui pourquoi ? »

    Réponse naturelle et instinctive, bientôt suivie par plus de détails.

    « Je suppose que vous avez vu la photo, derrière vous ? Eh bien c'était le premier propriétaire, Cadfael Stark. Évitez de taquiner la plante, c'est une très bonne gardienne. Elle ne mord pas fort, mais si vous voyiez Sir avec elle, il en a une peur bleue. »

    Comme pour confirmer ses dires, le matou miaula et l'ancienne Jaune et Noir le lâcha, le laissant retomber sur ses pattes et aller somnoler où bon lui semblait.

    « J'ai découvert la librairie avec lui, parce que j'avais été bannie de la bibliothèque de Poudlard -je suppose que vous connaissez, tout le monde connaît Poudlard. Il est mort en 1999 laissant derrière lui une femme et une petite fille adorables - et moi. Quand sa femme à vendu, un peu après, je m'y suis installée. J'en suis la capitaine depuis presque 5 ans donc. Mais j'avais déjà travaillé ici avant. »

    Elle laissa échapper un soupir nostalgique et sourit doucement, un peu tristement.

    « Depuis la fin de son deuil, j'ai essayé de faire en sorte que la boutique garde le même esprit. »

    Elle balaya les lieux du regard et son sourire se fit plus franchement

    « C'est plutôt cool comme ambiance, non ? »
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    MessageSujet: Re: Retour aux sources [Milie]   Mer 29 Juil - 17:48

    Sir avait toujours eu ses humeurs autour de lui, comme la grande majorité de ses congénères depuis qu'il avait acquit le pouvoir de se transformer en oiseau. Quand il y repensait c'était d'ailleurs normal. Il avait une affinité particulière avec les rapaces et une inimité instinctif pour leurs prédateurs; Un don ne venait jamais sans inconvénients. Cause, conséquence. La vie n'était qu'un enchaînement de ces deux choses. Même lorsque l'on ne s'en rendait pas compte, tout s'imbriquait.

    L'attitude de la jeune fille n'avait pas changé. Elle était toujours aussi extravertie et théâtrale. Toujours aussi blonde, poufsoufflienne. C'était cette fraîcheur qui avait poussé son père à faire la cour à sa mère, il en mettait sa main à couper. Et voila que près de 60 ans plus tard, la relève était là.

    Les yeux clairs de l'avatar examinèrent la jeune fille de plus près, la laissant déblatérer sur le livre demandé. Elle était identique mais changée d'une certaine façon. Une étrange maturité qui se sentait plus qu'elle ne s'observait derrière la légèreté apparente d'Emily. Son mousse avait probablement appris à lier les voiles sous la tempête et rester sous le vent plutôt que de braver les courants déchaînés. Enfin il l'espérait. Son regard la quitta pour examiner un moment l'île. Sa chaleur tropicale jurait avec la grisaille extérieure comme si on avait voulu combattre le désespoir ambiant par une profusion de couleurs. Ses décorations à lui avaient toujours été plus sobres, pastels, la lumière d'un soir ou d'un matin au lieu de l'abrutissante chaleur du soleil de midi. C'était toujours l'Île cependant. Même parfum, même désordre, même but avoué. Proposer tous les livres sans distinction de popularité, d'origine ou de reliure. La connaissance dans ce qu'elle a de plus démocratique


    "Collectionneur ? Pas vraiment. Mais j'aime les jolis objets au moins autant que les bonnes histoires alors si je peux combiner les deux je ne vais pas me priver. De plus les illustrations de cette édition sont des œuvres d'art à elles seules. Malheureusement la plupart des gens ne se donnent pas la peine de chercher. Ils vont au plus rapide et au plus facile. Ils ne demandent que les livres connus ou avec une bonne campagne publicitaires derrière eux."

    Son sourire changea de forme pour devenir presque admiratif. La petite fille d'autrefois s'était forgée une belle culture littéraire depuis l'époque ou elle partait à l'abordage de sa librairie. Il ne se souvenait plus de s'ils avaient traités le sujet tous les deux mais son savoir était impressionnant chez quelqu'un d'aussi jeune. Par automatisme, il chercha Oriawr dans sa poche (il l'y laissa cependant pour plus de sécurité) puis caressa tendrement la reliure d'un livre à portée de main… jusqu'à ce que la galloise lui colle son chat dans les bras. Surprit, l'homme recula d'un pas, faisant trembler le cadre et la plante sur la petite table. Sir le regardait à travers ses paupières mi close d'un air qui ne disait rien de bon au mangemort et se mit à gronder, menaçant et très bas.

    "Gentil le chat. Je ne te veux pas de mal."

    Il était visible qu'il n'avait pas l'habitude de tenir un félin et qu'on n'avait jamais pris la peine de lui expliquer comment faire. Instinctivement il avait fait un berceau de ses bras et l'avait attrapé comme un nouveau-né que l'on serre contre sa poitrine pour ne pas qu'il tombe. Il se sentait vulnérable et avait l'envie folle de se frotter la nuque pour faire disparaître la gêne. Seulement il n'osait pas. On ne savait jamais. Si Sir tombait et se rattrapait à lui toutes griffes sorties… Il avait beau être courageux, il restait un aigle. Une proie. Il n'aimait pas les chats.

    "En effet, les souris étant des mammifères, je suppose que le concept aura eu plus de succes. Je pense que c'est également du au manque de magie. Sans cette force dans leur univers, j'ai comme l'impression qu'ils ressentent un besoin de s'évader du quotidien plus fort que nous. Ça expliquerait pourquoi il y a plus d'écrivains moldus que sorciers. Enfin ce n'est qu'un hypothèse que je n'ai absolument pas pris le temps de vérifier."

    Sir n'était plus menaçant. Plus vraiment en tout cas, ce qui était rassurant. Emily quand à elle trainait toujours. Hors de vue mais non pas d'oreille.

    "Je vais vous le prendre s'il vous plait. J'ai la mauvaise tendance a ne pas rendre ce que j'emprunte, et n'ai malheureusement pas le temps de le découvrir dans cette ambiance. Je dois repartir très bientôt."

    Il attrapa tant bien que mal le bouquin et changea de sujet, peu soucieux d'expliquer d'où il venait. La conversation roula bientôt sur la librairie. Il fut soulagé d'apprendre qu'elle avait été le seul mousse mais déçu que Klary ait vendu la boutique après sa mort. Elle marchait bien et aurait sûrement pu adoucir ses journées de deuil. Il ne la comprenait pas, ne savait pas pourquoi elle l'avait fuit après sa disparition au lieu de chérir son souvenir. Ni pourquoi, en l'ayant rejeté ainsi, elle lui était restée fidèle. Ce genre de comportement lui échappait totalement. Entendre parler de lui au passé fit également remonter une nostalgie et une tristesse profonde qu'il refusait d'admettre. Ses yeux bleus se ternirent et il baissa le regard pour cacher ses émotions. Le visage mobile de son avatar ne lui rendait pas la chose facile.

    "Oui c'est parfait. Très semblable à ce qu'elle était auparavant."

    Ça lui avait échappé. Conscient d'avoir fait une nouvelle bourde, il redressa le menton, sourit, se frotta à nouveau la nuque et rougit un peu.

    "Vous savez pourquoi sa femme a vendu ? Elle avait des problèmes d'argent ?"

    L'idée qu'il avait pu laisser Klarissa dans la gêne lui paraissait bien peu probable mais il ne pouvait penser à une autre raison pour se séparer ce qui avait été le meilleur métier de son existence. L'Île avait été son havre quand servir devenait trop dur. C'était là qu'il se ressourçait, qu'il guettait son arrivée et ses départs. Là qu'il avait rencontré Emily, et Alenn… là qu'elle était parfois venue lui rendre visite. L'Île avait longtemps été une part de lui.

    "Je suis désolé, cela ne me regarde pas. C'est juste que j'avais l'habitude de m'y rendre régulièrement à une époque et que tout cela…enfin c'est beaucoup de changements. En même temps vous me direz qu'il s'est passé beaucoup de temps mais c'est une chose de se le dire, le vivre est très différent."

    Léger petit rire, un peu gêné encore mais plus sincère déjà.

    "Accepteriez-vous de me conter l'histoire de cette île, Miss ?"

    Et comme pour prouver que les longues histoires ne lui faisaient pas peur, il s'assit sur le fauteuil à coté de la table et croisa une jambe, les bras sagement posés sur l'accoudoir, dans l'attitude intemporel de l'auditeur attentif.

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    MessageSujet: Re: Retour aux sources [Milie]   Dim 2 Aoû - 21:08

    "En effet, les souris étant des mammifères, je suppose que le concept aura eu plus de succes. Je pense que c'est également du au manque de magie. Sans cette force dans leur univers, j'ai comme l'impression qu'ils ressentent un besoin de s'évader du quotidien plus fort que nous. Ça expliquerait pourquoi il y a plus d'écrivains moldus que sorciers. Enfin ce n'est qu'un hypothèse que je n'ai absolument pas pris le temps de vérifier."

    La libraire esquissa un sourire intéressé, cherchant toujours son bouquin. Si cette théorie ne lui avait jamais traversé l’esprit, elle lui semblait maintenant assez évidente

    « Si c’est le besoin de s’évader qui est à l’origine de la bonne littérature, alors vous pouvez être sûr que les sorciers ne vont pas tarder à faire des merveilles, vu le m… »

    Emily fronça les sourcils, hésitante, haussa de nouveaux les épaules et sourit, comme si de rien n’était.

    « Bref, ça serait bien. »

    Elle caressa la tranche d’un livre au hasard, soupira et leva les yeux au ciel, songeuse. Si l’homme ne semblait pas de mauvaise compagnie et s’il semblait ne pas avoir une haine particulière envers les moldus, cela ne voulait pas dire qu’il était contre le régime en place, et la jeune femme préférait ne pas exposer son avis sur le Lord Noir et la sombre période dans laquelle ils vivaient. Chassant ce genre de pensées de son esprit, elle revint vers son client et continua dans sa lancée de commerçante modèle avant que la discussion dévie vraiment, l’empêchant ainsi d’être trop distraite par ses idées révolutionnaires.

    L’inconnu sembla touché par l’histoire de l’île, baissant les yeux alors que la jeune galloise finissait son rapide récit, sans pour autant la surprendre. Les gens réagissaient souvent ainsi lorsqu’elle parlait de cette époque-là, soit parce qu’ils connaissaient Cadfael ou Klarissa, soit parce qu’ils sentaient la peine de la jeune fille ou encore qu’ils avaient connu l’île pendant son deuil. Pour les autres, ce genre de confession les gênait simplement, mais personne ne restait jamais neutre. Comme on ne sourit pas à un enterrement, les gens compatissaient à la douleur de l’île après la perte de son premier capitaine.

    La tristesse apparente de l’homme ne fut donc pas ce qui intrigua Emily, mais plutôt la phrase qui suivit, rapprochant l’île actuelle de la toute première. La sorcière s’apprêta à répliquer, à questionner et à raconter encore, mais le malaise de l’homme et la teinte que prirent ses joues la surprirent, laissant à l’autre le temps d’enchaîner, sans la laisser en placer une.

    Il s’intéressa à Klary, s’excusa, s’expliqua rapidement et s’intéressa encore, mais cette fois à l’île, demandant à la jeune fille de lui en raconter l’histoire. Finalement, il s’assit, laissant une Emily un peu perdue et silencieuse le temps de faire le tri dans tout ça. Elle sourit et inspira, présage d’un long monologue, puis s’adossa à une étagère en prenant un livre qu’elle feuilleta distraitement sans en regarder les pages, juste pour s’occuper les mains pendant qu’elle réfléchissait et commençait son exposé.


    « D’abord, avant l’histoire de l’île, votre première question. Si je commence à parler de cette librairie, je n’arriverai jamais à me souvenir du reste, il y a trop à dire. Et puis je l’adore. C’est chez moi ici. Et ça me rappelle Cadfael et… bref. »

    Elle rit et reprit, se concentrant sur sa réponse

    « Klarissa donc. Je ne sais pas exactement le pourquoi du comment, je ne lui ai pas demandé et si jamais elle me l’a dit, je ne m’en souviens pas vraiment. C’est son deuil, je respecte et j’évite de trop m’en mêler. Mais même sans les raisons exactes, c’est un peu logique. Elle aime Cadfael, et cette île, c’est lui. Vous êtes marié ? Si c’est le cas, imaginez que votre femme disparaisse comme ça. Ça n’est pas une histoire d’argent, mais la plupart des gens n’aiment simplement pas se souvenir du mort en revoyant leurs affaires, comme ça. Pas qu’elle l’a oublié comme ça, hein. Mais se souvenir de quelqu’un et le voir partout, tout le temps, tout en sachant qu’il n’est plus là… Mon père est mort il y a peu, donc je sais de quoi je parle. Sauf que pour moi c’est différent, parce que j’ai gardé beaucoup de leurs affaires, à Cadfael, à mon père et à Sir… un ami. »

    Elle fit la moue et mentit, au cas où l’homme aurait déjà pensé à Sir Raleigh.

    « Jonathan, un ami qui a donné son nom à Sir. En tout cas, je pense que Klary ne pouvait pas voir l’île tout le temps, que c’était trop douloureux. Mais elle passe de temps en temps avec Anwen, leur petite fille.»

    Un mouvement trop brusque et un peu nerveux lorsqu’elle tournait une autre page de son livre la déchira un peu et elle grimaça avant de le poser sur la table pour ne pas oublier de le réparer quand l’homme serait parti. Avec un vague sourire d’excuse à son adresse, elle commenta

    « La magie est bien pratique quand on abîme tout. »

    Elle réprima son envie de reprendre un bouquin, préférant éviter de déchirer d’autres pages par mégarde et se détacha les cheveux pour jouer avec son élastique, incapable de rester totalement inactive

    « Pour l’île, j’espère que vous avez du temps, je pourrai vous en parler des jours et des jours. Voire même plus. Et puis il y a l’arbre à Lettres aussi, sur le Chemin de Traverse. En ce moment, c’est mon frère qui y est. D’habitude, il est ici, parce qu’il ne transplane pas. Mais j’aime bien être ici. Je vis au dessus. C’est plus un bureau qu’un appartement en fait, parce que normalement, je vis au Pays de Galles, mais c’est plus simple pour moi d’être ici. Parce que je n’aime pas trop laisser l’île, et parce que bon, souvent, je suis trop fatiguée en terminant de travailler ou de lire ici pour rentrer. A quelques détails près, c’est comme l’ancien bureau de Lord Cadfael. Sauf que c’est beaucoup plus désordonné. Bref. L’île a ouvert en 95, l’année de la coupe du monde de Quidditch, je suppose que ça vous parle. J’ai beaucoup de mal avec la datation, donc je rapproche toujours d’évènements quand je parle de quelque chose. 95 donc. Cadfael revenait des Etats Unis et il a créé l’île de rien, d’un vieux local vide dans un coin de Pré-au-Lard.

    J’y suis presque depuis le début, même si j’ai commencé à y travailler de temps en temps, pour aider, l’été après ma sixième année donc euh… 96, juste après. Mais je pense que Cad’ voulait surtout me faire plaisir, parce qu’il a p… il n’avait pas vraiment besoin de moi. Cadfael était gallois aussi. Comme moi. Cadfael William Jon Gynn ap Nudd Stark. Nos noms sont assez compliqués pour les gens d’ici, c’est amusant et… ça n’a pas de rapport. »


    Elle rit et se mordit la lèvre.

    « J’ai tendance à m’éparpiller un peu, je suis désolée. Donc 96… En fait, on revient en 95, parce que la boutique a fermé tout un moment. Sans un mot, sans rien. Sans nouvelle. Et il est revenu en disant qu’il était allé aux States. Comme si c’était plus important que mo… que les livres. Franchement. Je suis pas revenue un moment du coup, parce que je lui en voulais, donc je ne sais pas s’il s’est passé un truc là. Avant ça, elle a brulé. 24 heures à tout remettre en état parce que monsieur Weasley avait fait des siennes. Je ne sais pas exactement ce qui s’est passé en fait, mais vous auriez vu le massacre… ah, et il y a autre chose à savoir sur l’île aussi, c’est qu’elle change souvent de décor. A chaque saison, elle est différente. Avant la jungle de ce printemps, il y a eu la neige. Vous n’imaginez pas comme j’ai eu du mal avec ma première neige pour qu’elle soit sèche et qu’elle ne touche rien, comme celle que faisait Cadfael. Enfin j’y suis arrivée, c’était superbe. Avec du bara brith et du thé tous les samedis pour les gosses de Poudlard. Il aurait adoré. Le bara brith, c’est gallois, une sorte de brioche avec euh… j’en ai en haut, si vous voulez. Vous devez absolument gouter ça. »

    Elle lui tendit le bouquin qui avait remplacé l’élastique entre ses mains nerveuses, sans même qu’elle ne s’en soit rendue compte, et disparut entre les étagères pour aller lui chercher de la brioche, montant les marches quatre à quatre, étouffant un juron en gallois lorsqu’elle manqua de les descendre sur les fesses et revint rapidement avec une assiette et deux grosses tranches de brioche qu’elle posa devant lui, sur la petite table, avant de s’asseoir en tailleur sur le sol amazonien de la petite boutique.

    « C’est super bon, vous allez voir. Cad adorait ça aussi. Enfin je crois et… »

    Elle hésita et sourit doucement

    « Il me manque. Goutez. C’est vraiment génial. »

    Elle déglutit, prit une tranche et son sourire s’élargit

    « Je vais pas pleurer non plus, ce serait idiot. Les gens n’arrêtent pas de mourir de toute façon. Et je ne vous connais pas. Et ça ne concerne pas l’île. »

    Elle rit, ravie d’avoir réussi à se dépêtrer de cette phase nostalgique et reprit son récit

    « Donc je vous parlais des décors. Elle a toujours changé, comme ça, sauf après la mort de Cad’. De août 99, quand je l’ai repris, à Juin 2000, pour le changement de saison, elle a été en deuil. C’était triste mais vraiment beau. Il n’y avait pas la plante pour protéger la photo a cette époque, elle n’est là que depuis ce printemps, mais je pense qu’elle va rester. Elle m’amuse beaucoup. »

    Elle lança une miette de brioche et la plante la goba, croyant à un insecte, faisant rire la libraire

    « Sinon, qu’est ce que je pourrais dire… il ne s’est pas passé grand-chose. Enfin si, beaucoup de choses, mais je ne pense pas que ça vous intéresse de savoir que Sir est resté coincé en haut d’une étagère et qu’il a miaulé toute la nuit, jusqu’à ce que je rentre, ce genre de choses. La plupart des gens ici sont des habitués, un peu comme une famille, et on a été épargnés a l’arrivée du nouveau régime. Heureusement, parce que j’ai quelques livres moldus au fond et dans la réserve. Je ne comprends pas comment on peut empêcher la vente de livres parce qu’ils sont moldus. C’est des livres, on s’en fiche d’où ils viennent. Enfin, on les a gardé. Avec tous les autres. Et je sais toujours pas ou sont planqués ceux qu’on ne voit pas. Cadfael aurait du écrire ça quelque part, ça m’éviterait de chercher tout le temps. Parce qu’il y a tout ici, vraiment tout. Quelle que soit la demande. Sauf que Cad’ en savait plus que moi. Enfin je trouverai bien un jour. Après, il n’y a plus grand-chose. Kilian travaille ici depuis qu’il a quitté Poudlard. C’est mon frère, Kilian. Enfin mon demi frère, parce que j’ai été adoptée, et que c’est le fils de ma mère biologique. Juste de ma mère, son père n’a aucun lien avec le mien. Enfin c’est compliqué. Et ça ne vous regarde pas. Enfin plutôt, ça ne vous intéresse pas. Et je parle beaucoup trop. »

    Elle fit la moue sans se départir de son sourire et rougit.

    « Si vous voulez en savoir plus, faudra qu’on puisse se revoir. Je devrais arrêter de raconter tout ça aux clients, ça risque de les faire fuir. Même si là, c’est vous qui m’avez demandé. Enfin on pourrait quand même se voir un jour non ? Avant que vous partiez pour je ne sais où, puisque vous avez dit que vous ne restez pas. »

    Elle hésita et ajouta

    « Parce que vous avez bon gout pour les livres. »
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    MessageSujet: Re: Retour aux sources [Milie]   Mer 30 Sep - 15:49

    Les quelques secondes de silence qui suivirent furent à peine suffisantes pour Cad pour reprendre ses esprits et pour Emily de faire le tri dans ses questions. Poli, le mangemort patienta, les yeux un peu dans le vague, cachant au mieux son impatiente d’avoir des nouvelles. Bien sur, Klarissa allait bien, il le savait. Ne s’étaient-ils pas disputés il y avait à peine quelques jours ? Mais c’était différent. La façon dont elle avait (mal – il l’espérait, aussi égoïste que cela puisse paraître) supporté sa disparition donnerait un certain nombre d’indices sur son état d’esprit actuel. Et puis, justifications à part, Klarissa était toujours un bon sujet pour lui.

    Dit comme ça, la réaction de Klarissa paraissait logique, ou presque. Il était plutôt du style à garder les affaires telles quelles, un peu comme si elles étaient devenues sacrées. La fuite n’avait jamais été son mode préféré anyway mais il comprenait. Presque. Ça faisait mal quand même.

    Malgré la boule qui se formait dans sa gorge, l’ancien libraire réussit à garder son sourire et lever un sourcil à l’entente de Sir. Elle mentait soudain, pourquoi ? Il connaissait Sir depuis un certain temps déjà et son nom n’avait absolument rien à voir avec un quelconque ami. Quel était ce Sir dont il était question ? Et voulait-il vraiment le savoir ? A la réflexion, il jugea que non. Après tout, il était là pour le loisir et pas pour enquêter sur l’orthodoxie de ses protégés.

    Un mouvement trop brusque, presque nerveux abîma la page du livre, faisant se froncer les sourcils de l’avatar. Il n’aimait qu’on abîme les livres. Il ne réfléchit pas, récupéra le livre sur l’étagère et le répara d’un informulé presque automatique. Ses doigts frôlèrent le papier, distraitement, vérifiant que la marque était totalement partie. La magie était toujours utile. Il n’imaginait pas le monde sans ça, sans la force que cela donnait…et il ne parlait pas du côté pratique. Il ne détestait pas les moldus. Il les plaignait plus qu’autre chose de n’être qu’à demi complet. Il hocha la tête. Pour l’île, il avait toute sa vie…et moins d’une heure.

    Lord Cadfael… il eut un sourire amer. Il avait presque oublié ce titre. Totalement faux mais la Poufsouffle…ancienne jaune et noir, le savait parfaitement et tenait quand même à le nommer ainsi. Cela faisait étrange après toutes ces années d’entendre un jeune parler de lui avec autant de nostalgie et d’affection. On ne l’avait pas oublié. C’était flatteur. Plutôt gênant aussi et la curiosité qui le poussait à poser toujours plus de questions. Il allait falloir qu’il arrête s’il ne voulait pas se faire démasquer et être obligé de mentir. Mais comment résister à la tentation de pousser autrui à chanter ses louanges…

    Quelques minutes de souvenirs épars et divers plus tard, Cadfael se sentait encore plus perdu au début. Un livre avait remplacé le chat entre ses mains (comme quoi il y avait de l’amélioration) et la jeune fille disparut. Le mangemort en profita pour reprendre une gorgée de polynectar, au cas où la visite s’éterniserait (on ne savait jamais avec Emily et il éprouvait de plus en plus de réticence à partir… tout en n’ayant qu’une idée en tête, s’enfuir au plus vite avant de faire quelque chose d’irrémédiable) et grimaça. C’était idiot, il le savait. Le passé ne reviendrait pas, Emily n’était plus la même, lui non plus (et pour cause, il était mort), et remuer tout ça ne servait à … Dieu que le bara-brith sentait bon. Pensif, il en prit un petit morceau et le porta à ses lèvres. Amusant comme les épices semblaient fortes dans ce corps d’emprunt peu habitué au saveurs « exotiques ». Mais le pain était toujours aussi bon, synonyme de sécurité. La maison. Il faudrait qu’il pense à le demander au boulanger en bas de chez lui. Commande spéciale. Cela devrait pouvoir se faire.


    « En tout cas c’est délicieux. »

    Et c’était reparti pour un tour au pays d’Emily. Il sourit. Elle était tellement spontanée, naturelle que c’en était attachant. Sa tristesse à sa disparition, l’anecdote de Sir en haut de l’étagère (pauvre meuble), la plante et autres bêtises ne l’intéressait pas vraiment. Par contre, le deuil de son magasin, l’ambiance de la boutique ou encore la croyance obstinée de la jeune fille sur la cachette secrète qu’il était sensé y avoir incluse (ce qui n’était évidemment pas le cas, comment aurait-il pu avoir tous les livres du monde, il fallait rester raisonnable parfois) le faisaient sourire, parfois même rire doucement. Rien toutefois ne méritait que l’on interrompe le curieux discours de la jeune femme. Et maintenant qu’elle avait fini, il ne savait pas trop quoi rajouter. Il avait toutes ses réponses et bien plus encore. Parler plus longtemps de son propre passé virerait à l’hypocrisie.

    « Je reviendrais dans la semaine alors. Juste avant de repartir à Berlin. Et ne vous en faites pas, je n’ai pas eu peur, je vous remercie même de votre temps et de votre patience, je suis souvent un peu trop curieux. »

    Il se frotta la nuque avec un sourire et remit son autre main dans sa poche. Il ne voulait pas partir mais ne trouvait plus de questions à poser. Quoique. Mais c’était personnel…

    « Vous avez parlé de votre mère biologique ? Excusez-moi si je vais trop loin, c’est sûrement privé, mais je n’ai pas pu m’empêcher de le noter lorsque vous avez mentionné votre frère Kilian c’est ça ? Ça veut dire…église en Irlandais si je ne me trompe pas. C’est fréquent en Allemagne aussi.»

    Il sourit et termina le pain pour cacher sa gêne. Elle allait finir par le soupçonner si cela continuait. Ce serait un comble qu’on le jette hors de sa propre boutique quand même. Et qu’est ce qui lui avait prit de promettre de revenir ? Lui qui voulait récupérer Anwen, il ne pouvait décemment se pointer avec elle. Pas après toutes les questions qu’il venait de poser sur sa famille. Il fallait vraiment qu’il arrête ses bêtises. Mourir ne lui avait pas fait de bien. Et revenir encore moins.

    « C’est au moins aussi peu fréquent que Cadfael si vous voulez mon avis. Votre famille biologique est allemande ?»

    _________________
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