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     Réveil-matin 5 heures [Monseigneur]

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    William Stark
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    MessageSujet: Réveil-matin 5 heures [Monseigneur]   Dim 1 Fév - 4:54

    Le silence ambiant n’était qu’illusion. Une musique calme servait de fond sonore, coupé par le sifflement suraigu de la théière et le bruit de la plume sur le parchemin. Parfois même, un page que l’on tournait et le soupir las du seul occupant vivant des lieux. Cadfael, une fois est coutume, travaillait (pour changer). Depuis quatre longues années, la Cause était devenue sa seule préoccupation. Il ne s’intéressait pas vraiment à ce que devenait son bar, sortait par obligation, continuait à voir des gens à sourire, à rire même, souvent, mais…

    Ce n’était pas que le cœur n’y était pas ou que l’ancien libraire était déprimé, non, c’était juste une façon pour lui de continuer à vivre. Rester lui-même, par habitude, parce qu’il ne pouvait faire autrement. Il avait perdu cette tranquillité joyeuse, teinté d’autodérision qui était le fond de son caractère et était devenu ce qu’il avait si longtemps fait semblant d’être. Un homme sociable et travailleur, sans loisirs et sans passions autre que son travail. Après tout, pensait-il avec ironie, on ne meurt pas sans changer un petit peu.

    Il hésita puis couvrit une nouvelle page de son écriture fine et penchée aux grandes majuscules. L’horloge sonna cinq heures, ponctuées par l’arrêt de la bouilloire dont toute l’eau s’était évaporée. Cadfael posa sa plume et regarda devant lui. L’espace d’un instant (un quart d’heure d’après Oriawr qui n’avait pas l’habitude d’être ignorée ainsi), il laissa son esprit s’envoler loin des questions existentielles. Et ce Danzig avec ses remarques déplacées lui portait sur les nerfs. Il avait bien envie de le remettre à sa place.

    La maintenant célèbre montre à gousset du mangemort s’activa de nouveau, bien décidée à se faire entendre. Soudain reconnecté à nouveau, Cad’ dissipa les brumes de son esprit en secouant la tête. Il fallait qu’il mange un morceau. Il n’avait pas faim. Depuis combien de temps n’avait-il pas mangé déjà ? Il avait déjeuné la veille, avec un reporter qu’il connaissait aux alentours de13h. Un steak et une salade. Et depuis… ah si, il avait grignoté un gâteau avec son… Merlin ! Le thé ! Il avait totalement oublié qu’il s’en était préparé…

    Il se leva d’un bond et courut jusqu’à la cuisine pour éteindre le feu. Dans sa précipitation, il voulu attraper l’anse du récipient en métal, se brûla (comme de bien entendu), prit sa baguette pour rattraper l’objet au vol et le refroidir avant de jeter un coup d’œil à l’intérieur. Les quelques millimètres de liquide restant étaient plus noir que du café et plus…crémeux que liquide. Si même faire du thé devenait compliqué, il fallait vraiment qu’il se trouve quelqu’un pour lui faire à manger. Quatre ans de vie solitaire n’avaient pas réussi à lui apprendre à cuisiner correctement.

    Le soleil sortit enfin de l’horizon, baignant l’Allemagne dans une atmosphère de sang dilué. Répondant par instinct à l’appel de son vieil ami, le mangemort leva la tête pour le voir se réveiller, passant sa main sur sa courte barbe puis dans sa nuque.


    « J’ai encore gagné » murmura-t-il pour lui-même en faisant référence à sa course avec l’astre solaire. Cela dit il trichait. Cela faisait plusieurs fois qu’il ne se couchait plus du tout.

    Cinq heures et demi. La fatigue de la journée commençait à se faire sentir mais il n’était plus question de dormir. Pour commencer il avait un rendez-vous dans une heure et surtout, il y avait une raison pour qu’il pousse le vice à travailler toutes les nuits. Le repos lui était devenu un véritable calvaire et il avait l’impression que s’il se laissait aller à dormir d’avantage, il allait perdre la raison. Il ne pouvait plus supporter de La voir. Nuits après nuits, rêves après rêves, allongée sur le sol dans une longue robe blanche. Ses cheveux épars étaient dispersés sur sa nuque et ses yeux fermés respiraient la paix. Jusqu’à ce qu’une rose naisse sur son sein gauche. Se déforme et s’étire pour devenir une tâche puis une flaque de sang. Deryn qui regardait sa mère, les yeux baignés de larmes, ses pieds nus dans la rivière rouge avant que des ombres ne l’emportent. Il ne pouvait plus le supporter. Plutôt ne pas dormir jusqu’à s’effondrer de sommeil, sombrer dans un néant sans rêve et se réveiller trop tôt pour être vraiment reposé. Quel jour était-on aujourd’hui ? Ah oui. Vendredi.

    Encore une fois, il lui fallu un certain temps pour tirer ses conclusions. Oriawr sonna à nouveau. Cette fois, Cad’ la sortit de sa poche, la regarda et lui sourit avant de l’éteindre.


    « Message passé, merci » répondit-il à la montre avant de la poser sur le bar et entrer dans la salle de bain. Il fallait qu’il chasse cette image de sa tête et la fatigue de son corps. Habitué aux solutions extrêmes, Cadfael prit une douche froide dans l’espoir de secouer un peu ses neurones endormit. Puis, il passa des vêtements noirs et propres, se coiffa, tailla sa barbe (hors de question de paraître négligé. Il pouvait accepter de se laisser aller chez lui mais personne dehors ne devait deviner ce qu’il traversait. Et le Lord n’avait pas que ça à faire de l’écouter se plaindre.

    Tout en fredonnant une chanson et en finissant de se préparer, Cad repassa dans sa tête les différents points qu’il devait aborder. Toute lassitude avait disparu de son visage ou de son maintient. Il avait reprit son masque habituel, celui que tout le monde voyait, loin de la lassitude morale qu’il ressentait.

    A six heurs vingt-cinq, le mangemort était prêt. Il vérifia que sa porte d’entrée était bien fermée à clef, tira les rideaux, se réfugia dans sa chambre (porte fermée, rideaux tirés), alluma la lumière et se mit à genou sur la pelisse. Il passa alors le collier autour de son cou, directement contre sa peau et fit le vide dans son esprit. Hors de question qu’IL voit ses craintes et ses angoisses concernant Klarissa. Un seul mot se forma dans son esprit, présent mais pas projeté pour ne pas déranger son Maître.


    *Monseigneur*

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    MessageSujet: Re: Réveil-matin 5 heures [Monseigneur]   Dim 5 Avr - 15:50

    "Monseigneur"

    Six heures cinq. Le Seigneur des Ténèbres était arrivé dans son bureau quelques minutes auparavant et, comme à l'accoutumée, son secrétaire avait attendu juste le temps nécessaire pour qu'il s'installe à son bureau avant de venir frapper à la porte. L'homme, agenouillé devant son maître, apportait l'habituelle paperasse matinale. D'un geste, le maître des lieux lui ordonna de se relever et de les lui apporter.

    "Je t'écoute."

    Plus qu'une invitation, il s'agissait là d'un ordre. Le secrétaire du Ministre présentait toujours succinctement les documents qu'il apportait tout en faisant un rapide compte rendu des éventuels évènements de la veille et de la nuit. Mais, en général, ce temps de discussion était reporté à plus tard dans la matinée le vendredi matin, le Seigneur des Ténèbres ayant un rendez-vous important à 6h30. Le sous-fifre parut étonné de la demande de son patron mais commença à donner ses explications sur les documents qu'il avait apportés puis il s'arrêta quelques minutes après expliquant qu'il y avait eu un évènement important durant la nuit et demandant à quelle heure il pourrait revenir pour le présenter au rapport.

    Lord Voldemort ferma les yeux une seconde. C'était un évènement assez rare et "étrange" pour le noter. Il se connecté mentalement à quelques centaines de kilomètres de là mais rencontra un vide flagrant.


    "Mon rendez-vous n'est pas en avance, aujourd'hui. Je t'écoute."

    Le regard incandescent s'était de nouveau porté sur l'homme et celui-ci s'était empressé de baisser les yeux et d'entamer son discours. Il était rare que Cadfael ne soit pas prêt au moins un quart d'heure avant le rendez-vous. Souvent, le Lord Noir sondait sa présence mais attendait, le sachant là, jusqu'à l'heure exacte pour s'adresser à lui. Aujourd'hui ce n'était pas le cas. Le mangemort expatrié n'était pas là et son maître décida que le rendez vous pourrait donc attendre. De plus, les informations nocturnes requéraient son intervention et il se concentra donc sur le sujet ne regardant pas l'heure.

    Il était donc presque 7h quand le Mage Noir se connecta de nouveau à l'Allemagne, son bureau déserté et l'ordre de ne le déranger sous aucun prétexte donné. Il fut accueilli par le salut de son serviteur mais il manquait quelque chose. Incapable de saisir ce qui différait des autres jours ce matin là (si ce n'est son retard volontaire), il mit encore quelques instants avant de réagir. Sa présence ne pouvait pas être passés inaperçue au mangemort, mais celui-ci avait attendu patiemment que son maître le salue. Le Seigneur Noir avait profité de ce temps pour chercher ce qu'était cette sensation de "trou", de "vide", de "manque"…

    Quelque chose clochait. Non seulement il n'aimait pas ça mais en plus il n'arrivait pas à savoir quoi et cela lui déplaisait fortement. C'est donc quelque peu irrité que le Ministre de la Magie Britannique entama le rituel :


    "Bonjour Cadfael. Comment va l'Allemagne."

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    MessageSujet: Re: Réveil-matin 5 heures [Monseigneur]   Sam 18 Avr - 16:24

    [HJ : dans ce post, les pensées en doré sont en anglais, celles en noir en allemand, et les rouges en gallois. Les fautes de syntaxes et de frappes sont faites exprès dans les dialogues mais pas dans la narration]

    Contrairement à d’habitude, il n’y eut pas l’invasion froide et retenue qui annonçait toujours l’arrivée du Seigneur des Ténèbres dans son esprit. S’il ne lui donnait pas toujours immédiatement la parole, le Ministre de la Magie Britannique était habituellement aussi ponctuel que son serviteur (plus même puisque le mangemort arrivait habituellement en avance alors que le Lord, lui, n’apparaissait qu’à l’heure exacte). Mais là, rien.

    C’était d’ailleurs exactement ce à quoi Cadfael s’efforçait de penser. Rien. Chassant soigneusement toute image de Klarissa de son esprit de peur de se voir une fois de plus envahi par les brumes de ce rêve qu’il espérait ne pas être prémonitoire. La douche l’avait momentanément réveillé mais il sentait bien que ses muscles endoloris avaient besoin de repos. Plus tard. Après. Peut-être. S’il trouvait le courage d’affronter ses angoisses. Pour le moment il avait un rapport à transmettre et il devait se concentrer sur son devoir. Il avait déjà assez tendance à s’éparpiller sans raisons extérieure, il allait falloir qu’il se concentre pour donner cette fois une réponse cohérente aux questions de son Maître.

    Le temps passa. Un temps indéfini, ni long, ni court, simplement brumeux avant que l’imposante présence du Lord ne s’infiltre en lui. Inconsciemment, le mangemort se redressa un peu dans sa chambre et battit plusieurs fois des paupières pour régler ses pupilles fatiguées. Son esprit s’éclaircit un peu en même temps que sa vue et il attendit que la phrase rituelle résonne dans son esprit.


    "Bonjour Cadfael. Comment va l'Allemagne."

    *L’Allemagne ne va pas très bien, Monseigneur, mais en ce qui nous concerne, les choses ne pourraient pas être plus favorables.*

    Il ne savait pourquoi son pendentif s’était mit à chauffer un peu contre sa peau mais ce n’était pas une tiédeur désagréable après le froid intense de la douche aussi écarta-t-il rapidement cette pensée pour revenir à des considérations plus terre à terre.

    *L’attention des allemands est en effet concentrée sur leurs propres problèmes internes et ils en oublient totalement les relations sociales. Ce peuple à un fonctionnement encore plus…*

    Le mot lui manqua et il fit un pause le temps de le chercher dans sa mémoire. Carré n’allait pas, maniaque non plus, c’était à la fois plus grossier et plus subtile que ça. Il voulait dire que le peuple allemand aimait rester dans la légalité à tout prix et que si la corruption y fleurissait comme partout ailleurs, ils n’aimaient pas du tout qu’elle soit exposée. Les apparences devaient être respectées.

    *plus rigide qu’en Angleterre. J’ai pris la liberté d’envoyer un tuyau anonyme à un journaliste, ce qui n’a pas tardé à éveiller la curiosité de ses confrères et un vaste complot a été découvert. Les allemands n’ont plus confiance en leurs propres politiciens, ni pour les diriger, ni pour régler leurs propres problèmes. Je pense que l’on va bientôt voir apparaître toute une nouvelle génération de ce côté-là. Qui sera bien évidemment irréprochable.*

    Ce serait probablement le bon moment pour introduire un ou plusieurs des mangemorts allemands dans le gouvernement. Ainsi, ils seraient présents et connus aux moments clés et pourraient aider à modifier l’opinion des habitants en leur faveur. Car il est facile de prendre un pays par les armes mais pour le gouverner efficacement, il faut des chefs de la même nationalité que les habitants car ils sont les seuls à connaître suffisamment les besoins du peuple.

    *En ce qui concerne les mouvements vers l’Est maintenant, Seigneur. Les Berlinois ne se préoccupent absolument pas de la menace lycanthropique. Le tueur en série occupe leurs esprits et ne laisse que peu de place pour un danger lointain…presque Français. Toutefois, ils commencent à mépriser un peu ces derniers pour leur aveuglement. Mérpiser leur aveuglement. Mépriser. Il y en a même, mais en minorité, qui parle de reprendre l’Alsace et la Lorraine. En règle générale, ils sont plutôt reconnaissant pour l’aide envoyée mais ne m’en parlent pas. Je reste Anglais à leurs yeux. Mes rapports sur le terrain sont moins bon toutefois. Les allemands n’apprécient guère la présence des anglais même s’ils reconnaissent son utilité. D’après eux, ils sont surtout là pour manger les ressources et se faire bien voir entre politiciens. Et vu comme les politiciens sont appréciés. Appréciés. Appréciés ces temps-ci…*

    Il avait beau faire ce qu’il pouvait, les mots venaient de plus en plus difficilement. Se cachant au moment de les penser, ressortant dans une autre langue, fourchant dans sa tête, bref, ils jouaient à le ridiculiser et plus Cad’ s’en rendait compte, plus cela l’agaçait et plus il avait de la difficulté à se concentrer. Son esprit vagabondait aussi bien loin de ce qu’il essayait de transmettre. Le visage de Johanna lui revint un moment en tête, avec ses cheveux blonds et ses sourires. C’était une bonne source d’information depuis qu’elle avait repris les cours à la fac. Elle fréquentait toute une intelligentsia qu’elle ramenait parfois même au bar. Les jeunes étaient les plus sensibles au bourrage de crâne et n’hésitaient pas à clamer leurs opinions haut et fort. C’était bien pratique. Sauf quand ils étaient ambitieux comme cette idiot de euh…. il ne trouvait plus son nom. Dan. Daniel. Nan, il y avait un Z quelque part. Danizl, Danizt, Danizg…Danzig ! Le visage du garçon s’afficha clairement dans la tête du mangemort avec un sentiment très fort d’agacement et de désapprobation. Si le barman n’était pas du genre à se plaindre, il arrivait que son esprit le fasse pour lui et Danzig était un sale intriguant qui s’était joints à eux par ambition et non par idéalisme. L’ancien Gryffondor avait donc toutes les peines du monde à ne pas répondre par la violence à ses manières cauteleuses et insultantes. Hum. Bref. Pourquoi il pensait à lui déjà ? Aucune idée, passons. Cad’ sentait sa concentration vaciller en même temps que son équilibre et se mordit les lèvres pour se reprendre en main. Fatigue ou pas fatigue, le Lord attendait qu’il termine.

    « Le dernier juset, sujet, concerne le assass…le meurtr enfin le tueur en série dans Berlin même. Il est toujours impuni et sévice, non sévit en tout impunité. C’est devenu le nouvel épouvantail, surpassant même Grind… suprassant même le folklore habituel. Peut-être serait-il judicieux de… »

    de le recruter à notre compte, voulu terminer le mangemort dans un sursaut de volonté au moment même où les ténèbres prenaient le dessus sur son esprit. Il ne sut pas si la fin de sa phrase était passée. Sa seule pensée, le seul visage qu’il arriva à visualiser alors même qu’il tombait sur le sol était un visage de femme. Sa femme.

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    MessageSujet: Re: Réveil-matin 5 heures [Monseigneur]   Dim 10 Mai - 21:26

    Parce que Cadfael répondit aussitôt et entra dans le vif du sujet, le Mage Noir laissa de côté cette impression de vide, d'absence qui le dérangeait dans l'esprit de son serviteur. Quelque chose n'allait pas mais il éclaircirait ce point quand le rapport serait terminé, chaque chose en son temps. Mais le Mangemort fit rapidement une pause dans sa narration : il cherchait un mot. Il n'était pas nouveau que Cadfael cherche à trouver le mot juste, il était par contre moins habituel qu'il mette du temps à le trouver. Un autre point fit tilter le Seigneur des Ténèbres : Cadfael prenait toujours soin de formuler ses idées, de les exprimer de manière claire et de canaliser les pensées éparses de son esprit pour simplifier la compréhension à son maître. Là, la communication était bien plus nébuleuse qu'à l'accoutumée et, un peu plus irrité, le Mage Noir glissa dans l'esprit du barman le mot qu'il cherchait (à savoir "rigide") pour qu'il reprenne son rapport inopinément interrompu.

    Néanmoins, visiblement, le mangemort agissait toujours comme il le devait. Effectivement, il avait pris une initiative appropriée qui avait eu des conséquences profitables pour l'Angleterre. C'était une bonne chose. Par contre, il y eu de nouveau un fait inhabituel. Stark laissa échapper l'une de ses pensées. Une idée, un conseil adressé à son maître, qu'il ne formula pas. La pensée filtra de son esprit comme incontrôlée pour venir s'exposer d'elle même au Seigneur Ténébreux. Bien entendu, Cadfael restait digne de lui, l'idée était bonne mais la manière dont elle avait été transmise était répressible et l'irritation de son maître commençait certainement à faire chauffer le pendentif en contact avec sa peau.

    Le sujet songea. Une erreur d'orientation fut faite. Que parlait-il d'est alors que la frontière française infestée de lycans était à l'ouest ? Cadfael semblait de plus en plus désorienté. Il formula toute une pensée dans une langue inconnue de son maître. Une recherche peu poussée de celui-ci dans l'esprit de son serviteur lui indiqua qu'il s'agissait de gallois. Le Pays de Galles… Que se passait-il ? Le Mage Noir reporta son attention sur le fond des paroles transmises de manière volontaire et les informations contribuèrent à amplifier son irritation. Ainsi l'action en forêt noire n'avait pas tout à fait l'effet souhaité. C'était déplorable. Encore une erreur de mot, Voldemort fronça les sourcils dans son bureau. Se moquait-on donc de lui ?

    Non, visiblement, l'esprit de Cadfael jouait des tours à son propriétaire et celui-ci n'arrivait pas à ordonner les choses. Il semblait divaguer… L'image d'un jeune mangemort allemand apparu dans les pensées du britannique. Etait-ce en rapport avec l'idée informulée un peu plus tôt ? Mettre des mangemorts dans la nouvelle politique allemande ? Non, l'antipathie de Cadfael pour cet homme était palpable. C'était donc quelqu'un dont il fallait se méfier. L'information serait transmise à l'ambassade.

    La suite ne tarda pas. Il s'agissait d'un sujet particulier. Cette histoire de meurtres. Mais Cadfael dérivait de plus en plus, ne trouvant plus ses mots, n'arrivant plus à exprimer ses idées…


    *Cadfael !*

    Mais c'était trop tard. L'appel colérique du Mage Noir n'eut pas l'effet voulu. Celui-ci se vit imposer l'image de Klarissa Holister avant de se retrouver face à un vide absolu. Du rien. L'esprit de Cadfael n'était plus présent. Ou plutôt, il n'était plus éveillé. S'endort-on pendant un rapport à son Seigneur ? La rage envahit le Mage Noir.

    "CADFAEL !", hurla-t-il dans son bureau.

    Aucune réponse, il sentait que la colère commençait à le faire trembler. Il sonda plus en avant l'esprit du mangemort. Il n'y avait aucune conscience, que du vide, de l'absence. L'ouie marchait, il entendait des petits bruits mais les yeux étaient visiblement absolument clos. Soudain, il sentit une odeur de brûlé. Qu'était-ce donc ? Frustré par ce réceptacle sans vie et sans réaction, le mage noir senti sa colère monter de plus en plus alors que l'odeur de chair brûlée se faisait ressentir. Cadfael ne revenait pas pour autant à lui. Une analyse rapide de l'origine de la brûlure par recherche d'une douleur lui apprit qu'il était lui-même en train d'infliger cette torture à l'homme étendu et qu'il ne se réveillait pas pour autant.

    Particulièrement en colère, le Seigneur des Ténèbres coupa le contact mental avec son mangemort. Sa rage faisait trembler les murs de son bureau. Il s'imposa la disciple de s'asseoir (quand donc s'était-il levé ?) et de se calmer. Il devait analyser la situation, comprendre ce qu'il s'était passé. Il se replongea donc dans ses pensées, repassant le film de ce rapport qui n'avait pas duré plus de 20 minutes et qui était criblé de désagrément. Soudain la lumière se fit : Klarissa Holister. C'était elle le manque, le vide qu'il avait ressenti. Constamment, l'image de la femme de Cadfael était présente dans un coin de son esprit, même pendant les rapports. Cette fois-ci, l'image de la jeune femme avait été absente. Pourquoi Cadfael était-il donc dans cet état.

    Il reprit contact avec l'esprit de l'homme.


    *Cadfael ?*

    Toujours aucune réponse. Il était temps d'entreprendre une fouille minutieuse. L'odeur de brûlure était toujours présente dans la pièce où était étendu le mangemort mais le Mage Noir n'y prêta guère attention, il explora l'esprit de son serviteur. Après quelques minutes de recherche dans ces pensées brumeuses, il trouva la scène morbide et la conséquence qu'elle avait eu…

    "Comment veux-tu travailler efficacement si tu te laisses mourir, incapable !"

    Il rompit de nouveau le contact et alla s'occuper de ses activités de la journée. Tous sentaient qu'approcher le Ministre de la Magie ce jour là n'était pas une bonne chose pour sa survie. Tous plaignait, d'ailleurs, le secrétaire particulier de celui-ci qui passa plusieurs heures dans le bureau ministériel pour des affaires de politique extérieur. Toutes les deux heures, le Mage Noir tentait d'entrer de nouveau en contact avec son mangemort inconscient.

    Le soir, juste avant de quitter son lieu de travail, il recommença une dernière fois. Restant encore sans réponse, il introduisit une idée dans l'esprit du mangemort :


    *Si tu n'es pas réveillé la prochaine fois, Cadfael, j'envoie quelqu'un pour t'éliminer. Je n'ai pas besoin d'un mangemort inconscient.*

    Le lendemain était un samedi. Le Lord Noir ne venait au Ministère que dans l'après midi le samedi car il avait beaucoup de travail souterrain à régler le matin. Il restait donc dans son bureau personnel (pas celui du Ministère, quoi) et travaillait, envoyait des ordres ou des missions, lisait des rapports secrets… jusqu'à une heure avancée de la matinée. Il arrivait ensuite au Ministère à midi pile au moment où les employés partaient manger.

    C'est donc avec la ferme intention de prévenir l'ambassade de la présence d'un ver à éliminer qu'il se connecta de nouveau à son expatrié…


    *Stark ?*, demanda-t-il sans grand espoir de réponse…

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    MessageSujet: Re: Réveil-matin 5 heures [Monseigneur]   Ven 15 Mai - 16:57

    Bon. Il était là. Enfin il croyait. Il sentait son corps, ce qui était un plus par rapport au réveil précédent. Il n’y a rien d’agréable à avoir l’impression de se retrouver au dessus de soi-même. Les choses restaient toutefois très brouillées. Il avait récupéré les sensations dans ses deux bras et ses deux jambes, pouvait penser sans trop risquer de se tromper qu’il était étendu sur une surface plane et dure et son estomac, au moins, était vivant.

    Un grognement sortit de sa bouche puis un râle lorsque l’air dessécha ses muqueuses déjà déshydratées. Il avait soif. Et maintenant qu’il y pensait, il avait faim aussi. Il bailla. Et sommeil. Il n’y avait pas de doutes, pour avoir tant envie de se plaindre, il était vivant. Il avait pourtant au fond de l’esprit comme un doute sur le sujet. Il ne savait pas pourquoi, ni même comment mais il s’attendait à moitié à se réveiller mort. Aussi paradoxal que cela puisse sembler.

    Reléguant toutes les questions compliquées au prochain déluge, le mangemort se concentra sur ses besoins les plus physiques et les plus pressants. Pour commencer, il ouvrit les yeux. Il était chez lui, une semi obscurité régnait et il était difficile de dire quelle heure il était. Il était bien allongé sur le sol mais dans une drôle de position comme s’il s’était effondré au lieu de se coucher. Il ne sentait plus sa jambe droite et dut s’aider de ses mains pour la déplier. Le sang se précipita alors dans le membre en question, le faisant trembler. Quelque chose n’allait pas. Il aurait du avoir mal. Il savait que cette sensation s’accompagnait habituellement de douleur, pourquoi pas maintenant ?

    Une forte douleur à la nuque se réveilla soudain, lui rappelant sa résolution de ne penser qu’en néandertalien. Mais c’était trop tard. Il avait réveillé son esprit et avec lui revenait ce qu’il avait eu l’inconscience de chercher. Sa jambe le fit grimacer et une autre décharge, à la fois plus vive et plus sourde monta de sa poitrine, menaçant de le faire à nouveau tourner de l’œil. Il n’avait qu’une envie, celle de se rouler en boule en gémissant, pour ne plus ressentir tout ça. La peine s’était réveillée en même temps que la douleur, sans toutefois qu’il ne se souvienne de sa raison et menaçait de le submerger. Il se sentait aussi faible qu’un nourrisson, seul et condamné à mort.

    Neandertal. Simple. Faim, manger. Et pour manger, debout. Ce qui était déjà nettement plus complexe. Cad se releva doucement, en grimaçant presque à chaque mouvement. Il devait se tenir pour ne pas que sa jambe pleine de fourmis ne le lâche mais il finit par réussir à rester sur ses deux pieds. Quelques minutes plus tard il put même marcher et ouvrir le frigo. Il y avait du jambon. Du jambon, du jambon et un peu de charcuterie. Il mit quelques temps à faire son choix, prendre du pain et se faire un sandwich qu’il arrosa avec plusieurs litres d’eau. Il ne pensait plus à rien, mis à part qu’il fallait qu’il se dépêche parce qu’il attendait quelque chose. Quelqu’un. Peut-être.

    Il se sentait mieux à présent et se releva sans difficultés. La douleur à sa poitrine et l’odeur qui l’accompagnait était la seule séquelle de sa chute. Ça et sa mémoire qui refusait de lui expliquer ce qu’il fichait là. Il savait qu’il s’appelait Cadfael Jon William Gynn ap Nudd Stark, qu’il était en Allemagne sous le nom de William, qu’il avait une mission à accomplir pour son Seigneur et son Pays et qu’il était l’heureux propriétaire d’un bar. Le reste était très flou. Et l’odeur qu’il dégageait ne l’aidait pas à se concentrer.
    Il allait donc rejoindre la salle de bain pour se rafraichir et continuer à réparer son corps pour retrouver son esprit lorsqu’une voix se fit entendre dans son esprit.


    *Stark ?*

    Aussitôt, le mangemort s’agenouilla, la tête baissée. Stark était son nom mais il se sentait honteux de l’entendre, comme si cette simple syllabe était un reproche.

    *A vos ordres Monseigneur*

    Et avec ces mots, tout lui revint d’un coup comme dans une succession d’image très rapide. Il sut qu’il s’était évanoui pendant son rapport, il se rappelait ce qu’il voulait dire, dans quel ordre et de la médiocrité de sa performance. Et surtout, il se rappela de Klarissa dont le visage reprit sa place habituelle dans un coin de son esprit.

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    MessageSujet: Re: Réveil-matin 5 heures [Monseigneur]   Sam 13 Juin - 0:13

    S'il y a bien une chose à laquelle le Lord Noir ne s'attendait pas, c'était avoir une réponse. Non pas qu'il pensait son Mangemort encore endormi, mais il était fort possible qu'une fois réveillé il ait ôté le collier qui permettait l'union de leurs deux esprits. Il eut donc une certaine difficulté à cacher sa surprise quand il obtint réponse à sa question. Mais il était impossible que Cadfael se soit rendu compte de quoi que ce soit vu que pendant ces quelques secondes, son esprit se remit en marche. Le Ministre de la Magie fut d'ailleurs assailli par une tornade d'idées et de pensées qui volèrent un instant dans tous les sens avant de reprendre chacune sa place attitrée. Il remarqua la présence, dans l'esprit de son Mangemort, de Klarissa Hollister, preuve qu'il allait un peu mieux.

    Plutôt que de se lancer tout de suite dans un laïus de critiques et de réprimandes, le Mage Noir laissa passer un moment afin que l'esprit de Cadfael analyse clairement ce qu'il venait de se passer et s'en sente assez pitoyable. Après quelques minutes de ce silence pesant, le Seigneur des Ténèbres prit enfin la parole.


    *Crois-tu que j'ai besoin d'un Mangemort malade, Stark ? Si tu ne peux pas dormir, procures-toi une potion de sommeil. Si tu as trop de travail, trouve un assistant. Tu as assez de libertés pour pouvoir gérer tes missions convenablement, Stark !*

    S'il était possible de soupirer par la pensée, Voldemort l'aurait fait.

    Il s'installa dans son fauteuil et réfléchis sérieusement à la question. Cadfael était un bon élément, il devait retrouver son calme et trouver une solution. L'homme se laissait clairement mourir et ne tiendrait pas une année de plus à ce rythme. Valait-il mieux le remplacer ou essayer de récupérer tout le potentiel de ce Mangemort. Il avait sur se montrer digne de son maître, avait toujours obéit aux ordres sans broncher, même ceux qui allaient contre son désir personnel, et son dévouement n'avait jamais failli. Peut-être était-il temps de le récompenser un peu plus.

    Tout d'abord, il fallait le requinquer physiquement et justement Fowl allait partir en Allemagne pour un enquête. Il acquiesça pour lui même.


    *Je comprends néanmoins que tu rechignes à aller te faire soigner dans un hôpital sorcier en Allemagne vue ce que tu m'as dit de ce que pense la population de la présence des Mangemorts sur leurs terres. Je vais t'envoyer quelqu'un de confiance à qui tu pourras laisser l'entretien de ta santé sans inquiétude. En échange de quoi, tu la logeras si elle te le demande. Elle sera en mission pour moi.*

    Voilà un bon début. Elle le forcerait à dormir même contre son gré et ça ne serait pas un mal. Déjà, l'esprit de l'homme semblait s'engourdir à nouveau. Il fallait impérativement faire quelque chose pour son moral… et il n'y avait qu'une seule choses possible : envoyer Klarissa auprès de lui. Le célibat loin de sa famille ne lui réussissait plus. Il soupira de nouveau :

    *Et cesse de t'imaginer des choses irréaliste. Penses-tu vraiment que ta famille puisse courir un quelconque danger alors qu'ils sont en Angleterre sous la protection de mon Etat ? Concentre toi sur ton travail plutôt que sur ces inepsies, Cadfael.*

    Clairement, ce n'était pas la méthode à adopter pour lui chasser ses inquiétudes mais, peu importait. D'ici quelques semaines, il irait mieux. Foi de Lord Voldemort.

    *Es-tu en état de terminer ton rapport, Cadfael ?*

    La colère était passée. Il avait été décidé qu'il valait mieux garder cet homme plutôt que de l'éliminer pour le remplacer.

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    MessageSujet: Re: Réveil-matin 5 heures [Monseigneur]   Mer 24 Juin - 20:24

    Certains silences valent tous les sermons du monde. Le poids des non dits et la présence silencieuse, froide et lourde qui l’empêchait de se laisser aller le faisaient transpirer sans qu’il puisse s’en empêcher. Cad’ n’essayait pas spécialement de cacher les sentiments mêlés de honte et de surprise qui l’envahissaient. La honte devant son délabrement, l’état de fatigue dans lequel il était et qu’il ressentait bien plus maintenant qu’il s’était reposé un peu, la surprise d’être encore vivant, chose qu’une voix froide dans son esprit lui répétait que ce n’était probablement que provisoire. Peu importait au fond qu’il soit à demi-mort ou totalement partit. Ce serait comme le Lord le désirerait. Lui n’avait plus aucune envie si ce n’était celle de servir au mieux de ses capacités.

    Le silence dura plusieurs longues minutes, mettant à dure épreuve le calme retrouvé du mangemort. Il fixait le sol, recensant distraitement les veines du bois sombre pour s’empêcher de tourner de l’œil à nouveau. Jusqu’à ce que le Lord reprenne la parole d’une pensée froide, presque lasse. Oui, il savait. On n’avait pas besoin d’un maillon faible. Il aurait du faire plus attention. Penser aux potions sans rêves. Mais penser potion n’avait jamais été un réflexe et il était souvent difficile de se lancer des sorts. Trouver un assistant nécessitait faire confiance à quelqu’un, ce qu’il ne ferait jamais totalement (Klarissa exceptée) et la plupart de ses soucis étaient extérieurs à la cause. Mais il ne répondit pas. Il était en tort, Il avait raison. Raison même de l’appeler par son nom tout nu comme son père le faisait.

    Il y eut ensuite un nouveau silence, très différent du premier mais que le gallois se garda bien de rompre. Il sentait la réflexion et bien qu’il lui soit impossible de pénétrer l’esprit de son Maître (il ne pensait même pas à essayer), il avait une idée de ce dont il s’agissait. Et bien il n’implorerait pas pour la vie. Il s’en fichait totalement. La Cause pouvait fort bien le remplacer au besoin et il n’avait plus du tout l’élan qui l’avait fait avancer jusqu’ici. Il avait cinquante-six ans. Les hommes de sa famille ne vivaient guère plus, anyway. Et le travail recommença.

    Concentré cette fois sur les paroles du Lord, Cadfael notait mentalement les instructions et les devoirs qui en découleraient. Prendre une pensionnaire chez lui, même une mangemorte voulait dire ranger son appartement, cacher le grimoire de Grindewald et les papiers les plus compromettant. Obéir à un médicomage signifiait trouver un remplaçant à la Rose. On ne pouvait pas faire confiance à Uffie et Johanna mais peut-être les deux en même temps pourraient aller. Et comme il ne pourrait pas entendre les conversations, il allait falloir qu’il répare le système d’enregistrement magique d’ambiance avant. Ce ne devait pas être bien compliqué, suffisait de trouver le sort qui flanchait et de le relancer.

    Inutile de préciser que dormir passerait après tout ça. De toute façon l’autre allait l’obliger à avoir un rythme régulier. Il est mal vu de veiller quand un invité se repose et de dormir quand il est éveillé. Et s’il se fichait de mourir, il n’avait absolument pas envie d’être mal élevé.


    *Oui Monseigneur, à vos ordres.*

    Voila qui valait à la fois pour l’hébergement et le « réconfort ». Cad’ ne cachait tout de même pas qu’il n’était pas rassuré du tout. Pas qu’il doute du Lord (ce serait vraiment du suicide et il n’en était pas à ce point… pas encore) mais ses cauchemars lui faisaient beaucoup trop d’effet pour qu’il puisse les rationaliser. C’était comme ça et puis c’était tout. L’angoisse préhistorique de l’homme pour les siens. Rien qu’un réflexe.

    *Oui Monseigneur, je me disais que le tueur en série était toujours introuvable et qu’il pourrait être intéressant de voir s’il n’était pas possible d’utiliser sa folie à notre compte. Cela permettrait quelques frappes en cas de besoin sans que cela puisse être mis en rapport avec vous et donc sans retombées diplomatiques. Mais cela voudrait également dire faire une enquête par nous même, donc ouvrir un champ supplémentaire, demandant de la discrétion et des moyens. Ce qui fait que… je ne sais pas si c’est une bonne idée en fait. Cela peut-être très profitable mais c’est également très risqué.*

    Et il ne savait pas du tout si le moment était venu pour une telle entreprise. On n’avait rien sans rien, tel était son crédo. Il était même prêt à ajouter cette mission à toutes les autres qu’il surveillait déjà si c’était pour la Cause. Après tout, ce n’était qu’un tout petit malaise de rien du tout. Il devait juste couver un rhume ou une autre bêtise du genre et comme il n’était jamais malade son corps avait trop réagit. Ce serait probablement guérit avant même l’arrivée de la médicomage. Probablement.

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    MessageSujet: Re: Réveil-matin 5 heures [Monseigneur]   Jeu 16 Juil - 3:36

    Cadfael reprenait visiblement du poil de la bête. C'était un bon début, mais son esprit semblait toujours sur le point de saturer à tout moment et il faudrait prendre ce symptôme très au sérieux. La question était réglée, de toutes façons, Fowl remettrait le sorcier sur pied et sa femme achèverait de lui rendre toute son efficacité d'antan. Pour l'instant, il fallait s'assurer qu'il ne se tue pas avant son arrivée.

    Le mangemort, sollicité par son Maître, acheva son rapport quelques trente heures après l'avoir commencé. L'idée clôturant le dit rapport était aussi embrouillée que l'indiquait l'esprit du mangemort. Si les pensées de Cadfael donnaient parfois un élan aux réflexions du Lord Noir et lui permettait de prendre des décisions éclairées, dans la situation actuelle, ce n'est pas vraiment le cas. Le Mage Noir se contenta donc d'intégrer et d'analyser les idées exprimées par Cadfael et d'en comprendre le pour et le contre. Il était évident que, pour le moment, le sorcier ne se lancerait pas dans cette enquête mais cela ne devrait pas l'empêcher de continuer à surveiller et à tendre l'oreille.


    *Prépare l'arrivée de ton hôte, Cadfael. Prends tes dispositions mais avant tout, reposes-toi. Je ne tolèrerai pas que ce qui s'est passé aujourd'hui se reproduise. Pour le moment, tes consignes restent inchangées, tu observes, tu surveilles, mais tu ne t'engages pas. Si tu entends parler de personnes enquêtant sur le tueur en série, tu me tiens au courant, si tu entends parler d'actions contre les mangemorts et autres ressortissants britanniques, tu m'en informes aussi. Pour le moment pas de missions d'infiltration, ni d'actions inconsidérées. Reposes-toi, Cadfael, je te recontacterai dans deux semaines le jour habituel à l'heure habituelle.*

    Sans plus de cérémonie, le Mage Noir coupa le contact et pris un instant de réflexion. Les nouvelles de l'Allemagne n'étaient pas vraiment bonnes et son espion se montrait défaillant. Le Ministre de la Magie allait appeler son secrétaire quand il décida qu'il devait avant tout s'occuper d'envoyer les ordres de mission. Il attrapa donc deux morceaux de parchemin et écrivit à l'adresse de la médicomage en partance pour l'Allemagne. En arrêt devant le second parchemin, Lord Voldemort se demanda sous quel prétexte il pourrait envoyer Klarissa Hollister en Allemagne. Se reculant dans son dossier, il eut un geste habituel qu'il n'avait pas perdu en six années : porter la main au niveau de son épaule pour caresser Nagini. Les longs doigts gris restèrent en suspens dans le vide et il eut un sourire : il avait trouvé quel genre de mission donner à la veuve éplorée !

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